mardi, août 22, 2006

Les boîtes.
C'est fou l'utilité que ces bouts de carton assemblé ont.

Une fois que l'on a trié tout ce que l'on possède - de la moindre chaussette au mot que vous avez écrit voilà trois ans, avec l'espoir de ne jamais retomber dessus, partagée entre le désir de le garder et le sentiment de honte, d'impuissance, à la vue de la betîse que l'on pouvait avoir il y a quelques temps, mais aussi d'étonnement face à toute la force, et l'orgeuil ravalé pour les écrire - on ressent ce genre de force, ce sentiment de tout contrôler, du moins dans son armoire.

Parce qu'une fois que l'on a eu le courage de ranger chaque chose, jusqu'au fermoir coincé entre 2 lattes de parquet, qu'est-ce qui change vraiment? On se sent plus libéré? A vrai dire, non. On se dit à quel point notre désordre masquait si bien notre vie pas très dorée. Maintenant, on a l'impression d'être mis à nu, il n'y a plus de petite cachette, plus de "bordel sécurisant". Il reste juste une façon méthodique de ranger. Des piles, des boîtes empilées les unes sur les autres, renfermant autant de conneries l'une que l'autre, les polos ensemble, les pulls en haut, les t-shirts en bas, les chemises ensemble, le noir avec le noir, les solutions de rangement Ikea exhibées avec fierté, mais le sentiment de soulagement à la fin...envolé.

En fait, petite, une gamine fait en permanence le rêve de devenir une femme au foyer, en prenant d'abord exemple sur sa Barbie. Plus tard, les obsessions des adolescentes virent à la maniaquerie digne des exemples actuels de ces femmes au foyer soi-disant désespérées. Au final, toutes les femmes finissent déjantées, en comprenant toute l'ampleur que le mot "desperate" avait lorsque placé devant "housewife".

Non pas que toutes les femmes sont des "au foyer", mais je me dis que l'on a été, que l'on est, ou que l'on sera toutes, inévatiblement et irrévocablement, des femmes au foyer, en gros, un passage obligatoire.